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Dans ce message de mon blog, sur les fontaines, je voudrais également rendre hommage à mes deux vieilles amies, Lydie Pigot, et Yvonne Jean Haffen, sa soeur, qui m'ont tant appris.

Lydie Pigot était une femme très érudite et passionnante, qui avait fait l'école des Chartres (si mes souvenirs sont bons), et qui m'a prêté beaucoup de livres sur la petite histoire de l'histoire. Ils ont enchanté mon adolescence, et m'ont donné cette passion pour notre passé, nos vieilles pierres, qui ne m'a plus jamais quittée ! Sa gentillesse, sa patience, à mon égard, ont été infinies ! Elle demeurait dans la maison voisine de ma "terrible grand-mère", et je m'échappais chez elle le plus souvent possible. Cette charmante et délicieuse femme me donnait aussi des cours de latin, et, à ma grande honte, je l'avoue aujourd'hui en lui demandant pardon -- alors que pourtant j'étais bonne en latin, surtout en version -- je trichais parfois, par flemme, en achetant les traductions existantes !


Une chose importante aussi, est qu'elle avait une grande et belle poupée lui venant de son enfance, avec une malle cabine pleine de vêtements de l'époque. Ce devait une poupée Bru, ou un bébé Jumeau, je ne sais plus. Dans mon enfance, elle me la confiait pour jouer chez elle, pendant des après-midi entières... un vrai régal pour une petite fille adorant les poupées ! Alors, un grand merci à vous, ma vieille amie, pour tout ce que vous m'avez offert, de bonheur, de joie, d'acquisition de connaissances !

J'étais moins proche de sa soeur, Yvonne Jean Haffen, qui ne venait rendre visite à sa famille qu'épisodiquement. Mais mon père et elle s'étaient liés d'amitié, par leur amour commun pour la Bretagne. Mon père lui avait suggéré l'idée d'un livre sur les fontaines bretonnes, car à l'époque, c'était surtout les calvaires qui étaient à l'honneur. Il lui racontait leur histoire ou leur légende (c'était un conteur né), et elle écoutait cela avec ravissement. Quand le livre est paru, avec ses illustrations à elle, Yvonne Jean Haffen en a offert un exemplaire, dédicacé, à mon père, qui me l'a donné par la suite. Mon seul héritage provenant de lui, avec "l'Oiseau Bleu", de Maurice Maeterlinck (reçu de sa part quand j'avais 10 ans), devenu mon livre de chevet pendant de nombreuses années. Malheureusement, ces 2 ouvrages -- auxquels je tenais comme à la prunelle de mes yeux -- m'ont été dérobés, par la suite, et j'en suis bien triste ! Surtout que je soupçonne, fortement, un "kidnapping... familial" !


Yvonne Jean Haffen (Joconde - visites guidées - Yvonne Jean-Haffen (1895-1993) )  était peintre, graveur, céramiste, dessinatrice, décoratrice. Elle a été l'élève du peintre breton Mathurin Méheut, et a collaboré de 1925 à 1950 avec la faïencerie Herriot de Quimper.

En hommage à ces deux vieilles amies très chères, ce petit document sur les fontaines et leur pouvoir miraculeux, attribué au départ, pour certaines, par les druides. Ils croyaient à la réincarnation, étaient polythéistes, honorant plusieurs dieux, mais aussi panthéistes, respectant la Terre, la Nature, ce qui s'apparentait plus à une philosophie de la vie qu'à une religion, à proprement parler. Puis est arrivée la religion catholique qui a chassé, en prenant leur place, toutes les pratiques païennnes.

Pour les druides, l'eau était sacrée, et pour les chrétiens, elle l'est devenue, aussi, de ce fait ! Il y avait des fontaines de guérisons, de prédictions, de protections. Il y a 367 fontaines répertoriées en Bretagne, à l'heure actuelle. Mais, en fait, il y en a bien plus, existantes : des petites, humbles, sans gloire, bien cachées dans des sites protégés, ou des propriétés.

Voici ma 1ère fontaine, celle de Notre Dame de la Clarté, en Ploumanac'h : feuntenn Itron Varia ar Sklaeder. Elle guérissait les maux d'yeux, ou améliorait la vue défaillante.

 C'est une modeste petite fontaine envahie par la végétation, surtout les hortensias. A ce jour, l'eau y semble bien plus stagnante que jaillissante !

                                                                     
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Mais elle est intimement associée à l'histoire de la chapelle Notre Dame de la Clarté, qui, vient, exceptionellement, se joindre aux fontaines dans ce "Post".

Cette petite chapelle du XV et XVIème siècle, petit bijou, à la fois de l'art gothique et renaissance, au porche avec des statues qui furent polychromes, a été édifiée, selon la légende, à la suite d'un voeu, celui du seigneur de Barac'h. Revenant au port, par une forte tempête et une brume terriblement épaisse, le vent et les courants entrainant son navire sur les récifs, il allait s'y écraser, inévitablement. Il émit alors le vœu de faire bâtir une chapelle, là où il accosterait, si son équipage et lui-même avaient la vie sauve. Une lueur apparu peu de temps après et il rentra à bon port. Il tint parole et Notre Dame de la Clarté fut construite. Elle est devenue la patronne des marins, comme de nombreux ex votos, sous forme de petits voiliers ou autres bateaux (comme ci-dessous), suspendus à l'intérieur, en témoignent !

 28 - chapelle à l'intérieurb


En 1944, l'aviation américaine avait l'intention de bombarder un camp allemand, proche de la chapelle, mais une très épaisse brume, s'étendant sur le lieu ciblé, annula l'opération. Le lendemain, les allemands se rendirent, sans opposer de résistance. En remerciement pour les avoir sauvés du bombardement prévu, ainsi que leur chapelle bien aimée, les habitants firent couronner la Vierge de la Clarté le 15 août 1946.

Chaque année, le 15 août, il y a un grand pardon en hommage à la Vierge. et une messe en plein air, en présence de l'évêque, est célébrée sur un tertre, avec une  magnifique vue sur la mer et l'archipel des 7 Îles. En plus de Notre Dame de la Clarté, portée sur épaules d'hommes, une petite procession se déroule, avec de magnifiques bannières brodées (dont certaines d'après des cartons du peintre Maurice Denis), entre la chapelle et le tertre, avec accompagnement d'un bagad et de bretonnes en costume du Trégor, des femmes, mais aussi de jeunes enfants. C'est magnifique, et très émouvant à la fois !

34- le pardon de la Clarté    27 - Copie

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Cette chapelle de Notre Dame de la Clarté m'est particulièrement chère, c'est une sorte de refuge pour moi, et je cours m'y recueillir, et y allumer des cierges pour les personnes que j'aime, dès que je suis en Bretagne.

Annelorre (ma Lonnie de chez Iplehouse) -- qui a bien compris la mission dont je l'ai investie, vêtue de ce costume qui est celui des bretonnes de mon enfance -- vous présente quelques détails, extérieurs, de la jolie chapelle Notre Dame de la Clarté :

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